Menu

News 3

La deuxième conférence sur l’économie verte a eu pour thème général : « Bâtir une agriculture durable et résiliente au changement climatique ». Tenue le 17 juin 2015 à la salle de conférence de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Côte d’Ivoire, cette rencontre a donné lieu à des échanges forts enrichissants et partages d’expérience autour de bonnes pratiques pour encourager acteurs et partenaires à une réponse durable de l’agriculture ivoirienne.
En présence d’acteurs de la filière agricole, de chercheurs, d’institution financière et d’opérateurs économiques, M. Bakary Maguiraga a délivré le mot de bienvenue. En sa qualité de président de la commission infrastructure, Tourisme, Transport, Environnement et Cadre de vie de la Chambre de Commerce et de l’Industrie de la Côte d’Ivoire (CCI-CI), il a surtout rappelé la nécessité de la mise en place du REVE : un réseau des rencontres pour l’économie verte. Il a s’agi d’une ambition de multiplier « les actions de sensibilisation à l’heure où les mécanismes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques seront l’objet d’une attention cruciale lors de la conférence de Paris en décembre 2015 et avec eux, les transferts de technologie et les stratégies de financement attendues. »
Faisant allusion au thème général, il a indiqué que l’agriculture ivoirienne emploie plus de 2/3 de la population du pays, représente 24% du PIB et 53% des exportations globales du pays. Or, elle est confrontée à des aléas climatiques : la réduction moyenne des hauteurs de pluie de 6%, la persistance de la rigueur des saisons sèches, des réchauffements en hausse en moyenne annuelle de l’ordre de 1,5 degré depuis les années 1980, une dégradation du couvert végétal par la déforestation et l’accroissement des feux de brousse. Face à la vitesse avec laquelle intervient le changement climatique, M. Bakary Maguiraga a appelé à la célérité dans le partage des réponses climatiques. « Il faut maintenant partager les itinéraires techniques, les stratégies de financement et les nouveaux modèles économiques pour faire face aux enjeux de l’agriculture ivoirienne ». Pour y parvenir, il est important de passer du mode de compétition à un mode de collaboration. Question d’améliorer les modèles techniques et économiques pour une agriculture beaucoup plus durable.
A sa suite, M. Yoro Bi Tizié, Président de l’Union des Entreprises Agricoles et Forestières (UNEMAF), a montré que la prise en compte de la question climatique est capitale. Le vécu de ces dernières années est encore présent. Des pluies torrentielles ont durement affecté l’agriculture. L’impact a été perceptible sur les exploitations agricoles. « Plus de 1300 ha de plantation de banane ont été dévastés par les pluies diluviennes en juin 2014. Représentant plus de 22% de la superficie de la bananeraie ivoirienne. Ce qui équivaut à une perte de plus de 75 000 t de banane. Soit ¼ de la production nationale. » D’où l’importance de créer les conditions pour la durabilité de l’agriculture. C’est pourquoi, au nom de la faitière qu’il dirige, il a confirmé son engagement aux côtés des acteurs impliqués dans ce vaste mouvement de prise de conscience, de sensibilisation et de promotion de l’économie verte pour un développement durable de l’agriculture en Côte d’Ivoire.
7 thématiques ont meublé la rencontre.
Thème 1 : « Evolution des facteurs agrométéorologiques de Côte d’Ivoire »
M. N’Zué Kouakou Augustin, Chef de service Développement et Environnement SODEXAM/ Direction de la Météorologie Nationale de Côte d’Ivoire, a montré le constat d’une augmentation de la température en Côte d’Ivoire. De la décennie 2001 à 2010, la température du pays est autour de 25,5°C. Soit une augmentation moyenne de + 1°C. Avec une variation de la pluviométrie de 1000 mm et des impacts sur des cultures comme le cacao, l’hévéa, etc. Les prévisions annoncent à l’horizon 2100 2°C d’augmentation de température moyenne et 8 % de perte de pluviométrie en moyenne sur le territoire. Pour observer certains paramètres climatiques, la SODEXAM dispose d’un certain nombre d’équipements : satellitaire, automatique et manuel.
Il a annoncé le développement de produits agrométérologiques : des produits prospectifs à très court et à moyen terme dans la même saison culturale ; une analyse régulière des impacts pluviométriques potentiels sur la production ivoirienne ; et des actions de renforcement des capacités au niveau du monde rural à la fois en terme de formation, d’information, mais aussi d’équipement de pluviomètre pour mieux comprendre l’évolution de température.
Pour une agriculture résiliente au changement climatique en Côte d’Ivoire, il est indispensable de favoriser l’accès aux agriculteurs et opérateurs des informations climatiques et météorologiques. La SODEXAM en diffuse certaines : la prévision météorologique générale, les bulletins de prévision climatique saisonnière, etc.

La deuxième thématique a porté sur la « Recherche scientifique et résilience climatique de l’agriculture ivoirienne, les travaux du Centre National de Recherche Agronomique ».
Le conférencier, Dr. Coulibaly Brahima, CP Forêt-Environnement au Centre National de Recherche Agronomique a mis en perspective la démarche du CNRA. Elle concerne notamment : la collecte de données agrométéorologiques ; l’adaptation du matériel végétal ; l’amélioration des techniques culturales (hydroponie, etc.); l’assistance aux producteurs en utilisant les TIC.
Les travaux du CNRA ont été plantés dans deux tailles : l’aspect microscopique avec l’exemple de l’hévéa et l’aspect macroscoscopique avec l’agroforesterie. A cela se sont ajoutés des éléments sur le maraicher, vivrier : jachère améliorée. Les résultats ont été satisfaisants selon le conférencier : meilleur rendement des productions culturales ; présence de réserves forestières dans les plantations (création de biodiversités), etc.

« ADAMA, un modèle social et agroindustriel intégré pour une agriculture durable en Côte d’Ivoire ». Ainsi s’intitule le Thème 3 animé par M. Eyal Avithan, Représentant pays LR-Group. La projection d’un film présente le modèle d’une agriculture durable intégré au village « ADAMA » en Angola. L’utilisation de plusieurs technologies et industries agricoles a été mise en exergue. Projet autour duquel plusieurs familles vivent et développent l’ensemble de la région. Il s’agit d’un modèle intégré où l’on parvient à développer des projets avec une véritable base industrielle et avec une participation de l’Etat. Tout un écosystème humain se met en place avec un système de développement intégré. L’intérêt du film est de voir la possibilité de création de nouvelle spéculation agricole tout en mettant en place tout un système de développement humain : la terre, les pratiques, les conditions de vie sociale… sont développées. C’est à cela que s’apparente le fonctionnement de LR-Group : un projet central autour duquel se greffent les cercles d’impact. Un cas d’école à implémenter pour une agriculture durable.
La fin des conférences matinales est intervenue avec ce thème.

C’est à OLAM Afrique qu’est revenu le devoir d’ouvrir la série des conférences de l’après-midi. Sur le thème : «OLAM : Approvisionnement durable auprès des petits planteurs », Julie Greene, Directeur RSE Afrique OLAM, a indiqué la raison de OLAM pour une contribution au développement durable : c’est parce qu’il veut lui-même travailler à sa propre durabilité. La démarche a été de s’interroger sur l’intérêt à intervenir pour le Développement Durable. S’ensuit toute une méthodologie déclinée. L’exemple marquant à ce niveau est apparu avec les producteurs de coton. Trois chiffres finissent de convaincre sur la performance de la démarche et méthode d’OLAM. Suite à la baisse de productivité du coton, menaçant ainsi ses intérêts économiques, OLAM décide d’inverser la tendance. Sur le terrain, il analyse les causes réelles du problème des planteurs et mets en place une stratégie de collaboration avec eux. Le résultat est immédiat. Multiplication par 2 de la production des « petits » planteurs, multiplication par 5 de la production des planteurs à échelle plus importante. Et le retour sur investissement l’est davantage : la multiplication par 10 du nombre de producteurs ayant collaboré avec OLAM. La démarche est donc gagnante-gagnante. Les investissements consacrés par OLAM, pour un développement durable des communautés locales, se sont traduits aussi par un bénéfice pour l’entreprise au regard de l’accroissement du nombre de producteurs (de 2000 à 20 000 producteurs).
Maxime Tanoh, Corporate Communication chez NESTLE a montré le niveau d’implication de la multinationale agroalimentaire sur la question du travail des enfants. Spécifiquement dans les plantations de cacao. Sur la base du thème 5 : « Nestlé : Autonomisation des femmes et lutte contre le travail des enfants », elle a indiqué que Nestlé a identifié que le travail des enfants dans les plantations de cacao est réel. Donc attaquer le problème de façon durable en identifiant les vraies causes. Comme solutions apportées : construction des écoles jusque dans les zones les plus reculées. 40 écoles construites en 4 ans (2011- 2014).
Un programme pour l’autonomisation des femmes est aussi mis en œuvre. Formation dans les coopératives de cacao sur les questions liées au genre. Des activités génératrices de revenus leurs sont proposées et soutenues par des accords de subventions pour l’amélioration de leur niveau de vie.
Le thème 6 : « Le cheminement de la SCB vers une agriculture durable, partage d’expériences ». C’est à M. Coullibaly Albert Minatienni, Secrétaire Général de l’entreprise fruitière qu’est revenu le soin de la présentation. Il a mis en avant des cas pratiques de la SCB quant à sa démarche pour une agriculture durable : une démarche d’agriculture dite raisonnée. Le principe est d’utiliser les engrais à bon échéant. A la suite d’analyse approfondie, il est déclenché le traitement phytosanitaire exigé. La démarche est principalement axée sur la préparation des sols (meilleure qualité de rétention en eau, meilleure structure organique des sols, meilleure structure technique, meilleure capacité de fertilisation organique des sols…).
La SCB reste dans une démarche de production industrielle tout en maitrisant la manipulation des politiques d’environnement à la fois dans la gestion des sols et des pesticides, mais aussi dans la gestion des ressources en eau, gestion des intrants phytosanitaires ou agricoles.

La dernière présentation a porté sur: « Biofertil : Engrais organiques pour une agriculture durable et une meilleure fertilité des sols ». Nicholas Danion, Responsable de développement chez Biofertil a relevé que l’agriculture et l’industrie forestière sont deux secteurs essentiellement producteurs de gaz à effet de serre. Il a démontré qu’un sol désertifié est un sol qui a perdu la totalité de sa matière organique. C’est donc un sol stérile dans lequel la vie ne peut plus se développer. Que ce soit la vie microbienne et les cultures à associer. La possibilité de reconstituer la fertilité de ce sol dégradé existe. « Il faut passer forcement par un ajout de matière organique qui va permettre de réhabiliter le sol et donc de lutter contre la pauvreté de certaines régions. »
L’intérêt du biofertilisant organique est perceptible: redonner la fertilité au sol pour augmenter le rendement et protéger l’environnement.

La synthèse des travaux est revenue à M. Cédric Lombardo qui a exhorté les entreprises, les coopératives et la population agricole à davantage de formation pour une maitrise des données devant aider à une exploitation agricole durable. Il est aussi important pour les acteurs de la filière d’être informé sur les mécanismes de captation des financements disponibles dans le fonds vert (9,3 milliards de dollars).
L’assistance a été remerciée pour sa présence et ses différentes contributions sur chaque thématique. Dénotant de son intérêt pour les questions de développement durable. Rendez-vous a été pris pour le 8 juillet 2015 pour un autre enjeu de l’économie verte et l’environnement.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Plus dans cette catégorie : « News 2
Retour en haut